Peut-on seulement concevoir l’inimaginable ? !!
(science-et-vie.net)
Après l’accident de Fukushima, les experts en sûreté ont annoncé un changement radical de leur « doctrine » : il leur faut désormais « imaginer l’inimaginable ». C’est chose faite.
L’IRSN(1), appui technique de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), après l’analyse des rapports rendus par les exploitants du nucléaire (EDF, Areva, CEA…) dans le cadre des évaluations complémentaires de sûreté commandées à la suite de la catastrophe japonaise, a rendu ce jeudi ses conclusions. Le résultat est sans appel : les centrales, dans ces conditions, sont défaillantes.
Ces « stress tests » révèlent en effet, que, dans « un certain nombre de scénarios extrêmes » (inondations, séismes…), les dispositifs « assurant tout ou partie des fonctions de sûreté essentielles pourraient être mis en échec du fait de la survenue d’agressions extérieures de grande ampleur ». Et en particulier si ces aléas entraînent une perte prolongée des sources d’énergie électrique – c’est ce qui s’est produit à Fukushima – ou des sources froides, indispensables au refroidissement du réacteur et de la piscine de combustible usagé.
Par exemple, les « filtres à sable », dispositifs de dépressurisation et de filtration de l’enceinte des réacteurs, qui doivent retenir le césium, un élément radioactif, en cas de rejet dans l’environnement, par exemple s’il y a fusion du cœur, « ne sont pas actuellement conçus » pour faire face à un séisme d’intensité imprévue.
Concrètement, le système électronucléaire hexagonal ne serait pas en meilleure capacité de réagir que l’ont fait Tepco et les autorités japonaises. Pourquoi ? Parce qu’il est toujours régi par le postulat qu’« un accident grave ne peut être engendré par un phénomène naturel externe à l’installation », écrit le rapport. C’est ce principe historique que l’INRS veut bousculer.
« On ne peut pas dire, parce que l’on demande des dispositions nouvelles, que les installations n’étaient pas sûres auparavant » précise Jacques Repussard, directeur-général de l’IRSN. « Elles sont raisonnablement sûres mais il ne faut pas s’interdire de faire encore mieux. »
Aujourd’hui, aucune installation hexagonale ne présente de danger imminent. Mais toute une série de fragilités ont été identifiées.
Or, c’est l’une des premières leçons qui semblent pouvoir être tirées de Fukushima, ajoute Jacques Repussard : « Les petits défauts apparemment anodins peuvent avoir des conséquences très graves. »« Ce ne sont pas des défauts majeurs mais en cas de situation grave, cela fragilise l’installation » : il suffit de pas grand-chose pour qu’une situation bascule.
Cette critique du petit défaut pouvant contribuer, par accumulation, à la catastrophe, c’est exactement ce que dénoncent ces derniers mois certains agents EDF .
Ce que les experts mettent en cause, c’est à la fois le manque de certains matériels et de réactivité, et la mauvaise remontée de certaines informations. Les sous-traitants sont-ils en capacité de réagir comme il le faut en cas de problème ? Des agents de la centrale de Belleville-sur-Loire signalent à Mediapart la présence de personnel non francophone sur le chantier de leur dernier arrêt de tranche, et l’absence de traducteurs. Comment les uns se coordonneraient-ils aux autres en cas de problème ?
Face à ses analyses critiques, l’Observatoire du Nucléaire(2), association fondée par l’ancien porte-parole de Sortir du nucléaire, Stéphane Lhomme, considère que « pour l’IRSN, les centrales nucléaires peuvent continuer à fonctionner… malgré leur sûreté défaillante ».
Tous les yeux se tournent maintenant vers l’ASN qui doit rendre ses conclusions à partir des analyses de l’IRSN d’ici le début de 2012.Au niveau européen, les autorités de sûreté doivent rendre un rapport commun pour juin 2012. (extraits d’un article de médiapart de Jade Lindgaard le 17/11/2011)
Pour mémoire la position de Ségolène Royal écrite sur ce blog ici : http://www.creusedavenir.fr/2011/10/01/ici-on-regarde-on-pioche-on-reflechit-on-se-fabrique-son-idee/
Je suis parfaitement d’accord avec cette solution qu’elle proposait et qui me paraissait aussi raisonnable qu’ambitieuse (même si la juxtaposition de ces deux épithètes peut surprendre ou paraître contradictoire …). De toute évidence, les centrales nucléaires quelles qu’elles soient et où qu’elles soient ne sont pas sûres et en disant cela, je n’évoque même pas le risque terroriste !!
Malheureusement l’accident de Fukushima n’a pas eu une portée suffisante selon moi, il a occupé l’espace médiatique une quinzaine de jours et le ronron quotidien a submergé peu à peu cette peur qui nous faisait tendre l’oreille chaque jour vers le petit écran. Nous sommes passés à autre chose, un clou chasse l’autre … Seuls quelques articles sur lesquels nous tombons par hasard nous rappellent qu’il faut sans plus tarder envisager une sortie du nucléaire … Peu importe le coût réel que cela suppose, et quand bien même cela serait un problème il nous faudra trouver la solution car la question qui s’impose à nous après Fukushima … n’est pas de savoir si une telle catastrophe va se reproduire mais bien plutôt quand elle va se reproduire …!
(1) IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire http://www.irsn.fr/FR/Pages/Home.aspx
(2) Observatoire du Nucléaire http://observ.nucleaire.free.fr/

19 novembre 11 à 13:11
Et les déchets haute activité tels que plutonium dont la durée de vie se chiffre en milliers d’années. (durée de vie = moitié de la radioactivité en x années!)