La prison …pas concerné ? Ah! oui ??!…
Gabriel Mouesca : « Nous alimentons une machine folle, la prison »
(livre.fnac.com)
Retour sur dix ans de politique pénitentiaire, avec Gabriel Mouesca, chargé de mission prisons à Emmaüs.
Plus de 64 700 personnes incarcérées en France au 1er novembre pour 57 268 places disponibles : les prisons explosent. Qu’en pensent ceux qui l’ont vécu de l’intérieur ?
Médecin à la prison de la Santé, en l’an 2000, Véronique Vasseur avait dressé l’inquiétant portrait de son quotidien à travers un livre (Médecin-chef à la Santé, Cherche Midi).
Après dix-sept ans sous les verrous, Gabriel Mouesca a été successivement chargé de mission à la Croix-Rouge, directeur de l’Observatoire international des prisons, et chargé de mission sur les prisons à Emmaüs.
Ensemble, ils publient un livre qui recense dix ans de politique carcérale. Le titre ? « La prison doit changer, la prison va changer », avait-il dit, est l’écho d’une déclaration de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour Gabriel Mouesca, un constat d’échec.
Pourquoi faire de la prison un enjeu du débat électoral ?
Nous allons entrer dans une période importante. Aujourd’hui, la prison française n’est pas ce que nous pouvons espérer de la part d’un pays démocratique. Ce livre est un appel au courage de ceux qui se prétendent responsables politiques. Nous sommes en train d’alimenter une machine folle, la prison, que nous allons laisser en héritage aux générations à venir. Ce livre montre, année par année, les tentatives de réforme carcérale et les responsabilités des échecs répétés. C’est vrai, la démission est partagée. Les dirigeants, à gauche comme à droite, n’ont pas engagé les changements nécessaires. Parce que le monde carcéral touche pour l’essentiel des individus et qui ne votent pas. Ce sont des gens qui n’intéressent pas les politiques !
Concrètement, que reprochez-vous aux prisons françaises ?
La surpopulation carcérale crée beaucoup de violence. Elle génère des conditions de travail pour le personnel pénitentiaire inacceptables, tout comme le sont les conditions d’existence des détenus.
Autre exemple : le taux de suicides dans les prisons françaises est le plus élevé d’Europe. Il faudrait comprendre pourquoi ce chiffre est plus haut qu’en Suède ou en Belgique …
Rien n’a changé, dites-vous. Pourtant, vous le montrez, l’opinion publique est aujourd’hui bien plus attentive aux conditions de détention…
C’est vrai : alors qu’il y a dix ans, les gens se désintéressaient totalement de la prison, et n’avaient que faire de ce qui s’y passait, aujourd’hui l’information est largement diffusée.
Il n’en demeure pas moins que les valeurs de notre société, les principes républicains sont toujours absents du paysage carcéral français. Or nos concitoyens, s’ils sont toujours majoritairement favorables au maintien de la prison comme outil de sanction, ne sont pas d’accord pour qu’en prison on mutile, on blesse ou on porte atteinte à la dignité des personnes détenues.
La société est sensible aux conditions de vie dans les prisons, certes, mais aussi à sa propre sécurité…
Mais les médias eux-mêmes tiennent un double discours ! Le matin, la presse élève le débat à un niveau citoyen en disant qu’il n’est pas acceptable de maintenir les conditions de détention actuelles. L’après-midi, elle met en avant un crime abominable qui provoque l’effroi. Le lecteur redescend de sa citoyenneté pour réagir avec sa simple humanité et notre devoir est de réagir avec l’intelligence, et non avec les tripes.
Mais comment punir et protéger ?
Il existe des alternatives à la prison ! Je pense par exemple au travail d’intérêt général (le TIG). Aujourd’hui, 80 % des personnes qui passent par la case prison font des peines de moins d’un an de prison. Sur près d’un million d’infractions sanctionnées chaque année, la proportion de crimes est de 0,4 %. 80 % des gens qui font de la prison y sont en fait pour des délits qui sont attentatoires aux biens. Il n’y aurait aucune difficulté à leur appliquer des peines où chacun trouverait son compte, y compris les victimes et la société. Il n’y a pas assez d’associations, de mairies ou d’hôpitaux qui proposent de prendre en charge pour quelques dizaines d’heures des personnes qui seraient condamnées à une peine d’intérêt général. Cela n’est pas simplement de la responsabilité du juge ou du politique. L’amélioration de la politique pénale dépend aussi de chaque citoyen.(lepoint.fr)
(libelille.fr)
Soutenez cette démarche, et si vous ne pensez pas aux autres, pensez à vous, car dites-vous bien que la case prison peut surgir à tout moment de votre vie … on sait quand on y entre, on ne sait jamais quand on en sort … on peut être coupable mais aussi innocent, dans ce cas-là qu’importe puisqu’on est le seul à le croire … quand la police vous a déjà broyé en garde à vue, la justice emprunte ce même chemin facile parce que déjà tout tracé … et la prison brûle à jamais votre existence en détruisant la vie de tous ceux que vous aimez … alors quand on vous parle de la prison, n’oubliez surtout pas qu’elle est à portée de main pour tout le monde … moi … eux … vous … demain … dans un an … et que des innocents y rêvent de retrouver ce monde dans lequel nous nous sentons si mal, contre lequel nous crions si fort et qui pourtant n’a pas de prix …

19 novembre 11 à 13:01
Merci Noisette 23 pour tes propos pleins de bon sens.
Pour ce qui est des prisons françaises, que puis je faire?….
Amitiés.
19 novembre 11 à 19:39
Simplement rétablir la vérité, sans arrêt, allez en guerre contre les préjugés qui présentent la prison comme un lieu de villégiature, faire comprendre aux naïfs que la prison est un lieu terrible où les gens (innocents et coupables mêlés) deviennent les déchets de l’humanité, un lieu de racket mis en place par l’administration, où règne la loi du plus fort et dont on ne sort pas indemne …