Un journalisme pesant !!!

(humour.lapin.org)

Vous avez remarqué vous aussi, comme les journalistes sont lourds parfois … et parlent de sujets qui ne vous intéressent pas le moins du monde, ou en tout cas, qui ont cessé de vous intéresser depuis un bon moment  ??!!

Bref … ils sont lourds  … et je doute qu’un quelconque régime, hélas, dans ce cas de figure, puisse améliorer les choses … !!!! 

François Hollande a fait du vélo, a arrêté le chocolat, a misé sur les légumes. Bref, il a maigri. Sa transformation physique, saisissante, fait gloser depuis près d’un an.

Comment avez-vous fait ? Pourquoi ? etc. Le candidat socialiste, sans cesse interrogé sur cette perte de poids, répond volontiers, expliquant qu’il s’agit d’être en « harmonie avec lui-même » et d’être en « bonne santé ». Que peut-il en dire de plus ?

A priori rien. Mais les journalistes de l’émission « Des paroles et des actes », David Pujadas et Nathalie Saint-Cricq, diffusée sur France 2 ce jeudi soir, ont passé plusieurs minutes – longues – à l’interroger sur ce régime, une « stratégie de com » ?

« Etes-vous vous-même ? »
Embarrassé, François Hollande a répété avoir voulu être au mieux avec son image. Pas suffisant. La journaliste le relance : « C’est pour avoir la tête de l’emploi. » « Il n’y a pas de portrait type », réplique Hollande. Il répète que « c’était pour être en harmonie avec lui-même ». David Pujadas insiste :

« On pourrait vous dire “la forme ne compte pas, soyez-vous même, restez vous-même, ne changez rien, c’est en restant vous-même que vous pourrez parler aux Français”.

François Hollande : “Je vous rassure je suis moi-même [...] mais il y a un cheminement.” »

Las. On lui met le nez face à deux photos : il est gros sur l’une, délesté de ses kilos sur l’autre.

Les questions repartent :

« Alors, lequel est le vrai Hollande ? Etes-vous vous-même ? »

Le candidat socialiste répond que le vrai Hollande est face à eux. Rien ne lui est épargné, pas même la petite vidéo où on le voit manger un gâteau au chocolat il y a quelques années et dire que c’est sans conséquence, « enfin pas trop ».

C’était une séquence de rien, quelques minutes, mais ô combien gênante. Et si le candidat socialiste avait été une femme ? Il n’est pas inutile de relever le sexisme, même quand c’est un homme qui en est la victime.

(Zineb Dryef  le 27/01/2012 sur Rue 89- Extraits)

Le maître ès arrogance !!

 (ump42.fr)

D’Alain Juppé à Jean-François Copé, l’UMP a découvert qu’un mot, un seul, suffisait à résumer l’attitude de François Hollande depuis une semaine.

Petit indice : c’est le contraire du mot que privilégiait l’UMP en début de semaine, « humilité ». Ce mot-là s’appliquait à Nicolas Sarkozy et ses états d’âme.

Si vous n’avez pas trouvé, voici un extrait de l’interview de Jean-François Copé ce vendredi matin sur Europe 1. Jean-Pierre Elkabbach lui a demandé si François Hollande l’avait impressionné, après son discours du Bourget et son passage jeudi soir à « Des paroles et des actes » sur France 2 :

« S’il doit m’impressionner, c’est par quelque chose que j’ignorais totalement de lui – c’est vrai que je ne le connaissais pas très bien à titre personnel –, c’est que je découvre une vraie arrogance [...]. »

Copé : "une vraie arrogance" chez Hollande par Europe1fr

Voici maintenant des extraits des communiqués adressés à la presse par l’UMP jeudi soir, dès la fin de l’émission sur France 2 :

Valérie Rosso-Debord, dans un communiqué reçu à 23h30 : « François Hollande a fait preuve d’arrogance [...] » ;

Guillaume Peltier à 23h45 : « Un film en noir et blanc présenté par un réalisateur arrogant, trop arrogant [...] » ;

Camille Bedin à 23h49 : « [...] le candidat Hollande est resté arrogant [...]. »

Extrait de l’émission. Alain Juppé s’en prenait à la politique que François Hollande prévoit de suivre face à la Chine. 

Alain Juppé : « C’est un petit peu d’arrogance, encore… »

François Hollande : « En matière d’arrogance, je pense que chacun a à faire son examen de conscience. »

Alain Juppé : « Oh, moi, je l’ai fait depuis longtemps. Vous, vous êtes tout à fait au début. »

François Hollande : « Tant mieux. Moi, je ne suis pas encore guéri peut-être, mais vous, vous avez quand même des rechutes possibles. »

(François Krug  le 27/01/2012 sur Rue 89)

2 ou 3 commentaires en vitesse ….

(europe1.fr)

Juste deux ou trois réflexions comme ça en passant après ce que j’ai vu de François Hollande depuis ces quelques jours …

Le PS avec lui a peut-être une chance de l’emporter, il a l’air d’être solide, plus ferme et plus déterminé que nous ne le craignions. Ce n’est pas un homme de conflits mais il sait se défendre sans s’emporter.

J’espère qu’il fera ce qu’il dira et aussi, qu’il ira au-delà de ce qu’il dit  en fonction du redressement de la France.

Dans sa bouche, je n’arrive pas à entendre autre chose que ce qu’a toujours dit Ségolène , autre chose que ce pour quoi elle a tant été critiquée.

Les économistes qui ont pignon sur rue, même ceux qui gravitent autour du patronat s’accordent à dire que ses chiffres sont sérieux et que ses suppositions de croissance (0,7% en 2013) à venir  sur lesquelles il compte bâtir son projet sont crédibles.

Son adversaire d’un soir, Alain Juppé, avait beau essayé de le déstabiliser, l’argumentaire était un peu faible et le personnage n’avait pas vraiment l’assurance des forts. Difficile de partir à la bataille sans idées et avec un tel bilan pour la majorité sortante !

A Juppé parle de l’arrogance de F Hollande , les Français  ne seront pas dupes, s’il y a quelqu’un qui ne peut être taxé d’arrogance c’est bien le candidat actuel du PS, l’arrogance n’est pas dans sa nature.

Il a mis F Bayrou en position  difficile, puisqu’il dit que F Bayrou ne trouve pas son projet valable. F Bayrou est donc à l’évidence un homme de droite car il ne soutient pas les propositions de la gauche, au moins ses électeurs seront éclairés sur la vraie nature de ce candidat-là. Et pour le second tour, il aura du mal à se rallier aux propositions du PS sans se contredire !

Et enfin, imaginez ce que ces chiffres, cette assurance, ces idées seraient devenus si Ségolène Royal avait été hier l’invitée de D Pujadas ! J’imagine d’ici les unes des journaux montrant son arrogance, son incompétence, son manque de sérieux, d’analyse, la faiblesse de ses propositions … alors que F Hollande …. notez bien que les trois quarts des propositions ou presque  émanent d’elle … Les Français n’étaient encore pas prêts, il me semble à confier les rênes de la France à une femme … Alors à tout prendre, je me fais une raison (y arriverais-je jamais ?) l’important c’est que son message soit porté au plus haut niveau, peu importe par qui … Dans ce cas-là, autant que ce soit par F Hollande, il ne se débrouille pas si mal pour l’instant …

(lefigaro.fr)

Connaissez-vous Debbie Bosanek ?

(quora.com)

Connaissez-vous Debbie Bosanek ?

Si non, c’est que vous n’êtes pas Américain. Debbie Bosanek était aux côtés de Michelle Obama, dans une loge du Congrès, pendant le discours sur l’Etat de l’Union de Barack Obama. Debbie Bosanek est la secrétaire de Warren Buffett, le milliardaire qui a lancé, à la rentrée, le débat sur une contribution volontaire des riches après avoir pris conscience que sa secrétaire payait proportionnellement davantage d’impôts que lui.

Si les Obama ont invité Debbie Bosanek, au milieu d’autres héros américains, à venir figurer sur les photos du discours, c’est parce que Obama va axer la campagne de sa réélection sur la justice fiscale, en proposant d’instaurer un taux d’imposition de 30% sur les super riches.

Cela pourrait rester abstrait. Mais la figure de Debbie Bosanek, icône de l’injustice fiscale américaine, figure des classes moyennes victimes de cette injustice, va rendre cette proposition concrète, et visuelle. La redoutable efficacité de la médiatisation de Bosanek, est qu’elle renverse le processus d’icônisation: au lieu de diriger les projecteurs vers une figure de bouc émissaire de super-riche, on les dirige vers une figure de bénéficiaire anonyme, tirée de la foule.

La difficulté de toute médiatisation d’une politique de redistribution, en effet, c’est que les hurlements de spoliation des victimes couvrent généralement les cris de joie des bénéficiaires. Les medias ont d’ailleurs bien entamé ce travail d’icônisation.

On considère généralement que le storytelling est de droite. Aux Etats-Unis, couveuse géante du storytelling, paradis de la narration épique, le premier précédent qui vient à l’esprit, est celui de Joe le plombier, qui avait interpellé Obama sur le poids des impôts au cours de la campagne précédente, et avait ensuite été amplement récupéré par le candidat républicain Mc Cain.

L’exemple de Debbie Bosanek montre simplement que c’est faux. Un storytelling de la justice fiscale est possible, aussi simple, aussi réducteur, aussi efficace, que le storytelling de droite. Je dis ça, je ne dis rien, n’est-ce pas. Chacun, en France, en tirera les conclusions qu’il voudra.

(daniel schneidermann- arrêt sur image le 26/01/2012)

(dunya.milliyet.com.tr)

La loi contre le négationisme arménien ? Une faute politique selon Edwy Plenel!! (2)

(Edwy Plenel -contreinfo.info)

Pour s’en convaincre, il faut relire Hrant Dink, ce journaliste assassiné le 19 janvier 2007 à Istanbul. Il était turc, citoyen de la République de Turquie, et arménien, « arménien jusqu’à la moelle », proclamait-il. Et il est mort pour avoir prôné le dialogue entre la Turquie et l’Arménie.

« Le plus important, est-ce la reconnaissance du génocide ou la démocratisation de la Turquie ? » : telle fut la question posée avec entêtement par Hrant Dink, défendant une politique de relation plutôt qu’une identité de confrontation.

Il campait sur la même position que Pierre Vidal-Naquet, au point de choquer certains porte-parole des Arméniens de France par son refus, en 2006, moins d’un an avant son assassinat, d’une loi pénalisant la contestation du génocide. Leur rappelant que, pour sa part, il vivait « depuis des années » avec les discours négationnistes« Comment, selon vous, supportons-nous donc cela ? Pensez-vous que nous ne soyons pas aussi sensibles que vous ? Sommes-nous moins arméniens que vous ? Non, nous avons seulement fini par apprendre : si le silence est tabou, la parole est démocratique. Chaque discours mensonger porte sa propre question en elle : à force de renier, les hommes finissent toujours par reconnaître. »« La priorité, ce n’est pas l’histoire, mais l’instauration des relations, et la question de l’histoire devrait s’inscrire dans le processus normal des relations ainsi nouées », concluait-il avec sagesse.

« Les partis chrétiens d’Europe qui ne veulent pas que la Turquie devienne membre de l’Union européenne devraient y réfléchir à deux fois et songer qu’il est beaucoup plus fécond que les différentes religions vivent ensemble, les unes avec les autres, plutôt que côte à côte. Car, si l’on parvient à une lecture correcte de leurs différences, on s’aperçoit qu’elles se nourrissent et ne se détruisent pas. »

Tout geste compte dans ce moment où l’histoire s’est remise en marche autour de la Méditerranée et, plus généralement, au sein du monde arabe. Membre de l’Otan et premier lieu de regroupement des opposants au régime de Damas, la Turquie est un allié essentiel dans l’incertitude du soulèvement en Syrie, lequel détient en partie la clé de l’avenir iranien en raison de l’alliance historique du régime de Téhéran et de la dictature syrienne.

Et ce serait le bon moment pour rompre les ponts avec ce pays-là, la Turquie, dont le gouvernement est issu des urnes, alors même que nos dirigeants n’ont cessé de converser et commercer jusqu’à il y a peu avec tous les régimes dictatoriaux du monde arabe !

Mieux vaut supposer que nos parlementaires n’ont pas suffisamment réfléchi. A l’orée d’une campagne électorale qui l’amènera peut-être à la présidence de la République, le Parti socialiste s’est hélas prêté à cette mauvaise action.

Ce système, celui poussé jusqu’à sa nécrose par Nicolas Sarkozy et son hyper-présidence, nous a conduits à cette dégradation nationale.Nous n’en voulons plus, tout comme nous ne voulons plus de son instrumentalisation politique permanente du passé. De même que nous ne voulons plus de cette politique de l’émotion qui se saisit hier d’un fait divers, aujourd’hui d’un crime contre l’humanité, demain d’une catastrophe naturelle. Car c’est une défaite de la raison.

Sur cette défaite, dont témoigne cette loi fautive, proliféreront fondamentalismes, essentialismes et nationalismes, tous ces irrationalismes qui rendent, un jour ou l’autre, l’histoire meurtrière. Que ce vote commun de l’UMP et du PS ait eu lieu malgré toutes les alertes qui avaient tenté de le conjurer, jusqu’au Parlement même, est une invitation à la vigilance critique, plus que jamais, au risque de doucher les enthousiasmes électoraux.

 extrait de Médiapart (un article d’Edwy Plenel le 24/01/12)

Une petite explication s’impose …

(europe1.fr)

Petite explication à mon enthousiasme spontané après le discours du Bourget de F Hollande, discours que beaucoup d’autres ont peu apprécié, non sans raison, je le reconnais maintenant que cette joyeuse exaltation est retombée … En fait, je n’étais pas tranquille, le candidat m’a rassurée et du même coup a provoqué chez moi un emballement … sans doute un peu excessif …

Car voyez-vous, le fait que Ségolène Royal soutienne François Hollande suffit à me convaincre. Elle, qui navigue dans les eaux de Solférino, sait bien évidemment qui va être capable de poursuivre la route qu’elle a tracée en 2007.

De plus, je compte sur elle, sur son expérience, pour avertir le candidat quant à certains pièges qui seraient catastrophiques s’il venait par malheur s’y fourvoyer, je pense à des changements d’avis intempestifs ou encore à l’entretien d’un flou artistique bien pratiques, en fonction d’une opinion publique, il est vrai, devenue terriblement versatile …
Royal en phase avec Hollande c’est donc une garantie pour moi et sans doute pour beaucoup d’autres dans les rangs des sympathisants PS sans compter qu’elle a une cote de confiance très nette auprès de nombreux sympathisants côté Mélenchon …

Lionel Jospin, lui, a tourné le dos aux militants en 2002 et a participé (comme bien d’autres pachydermes) avec une malveillance notoire, à la défaite de la candidate en 2007Est-ce ce qui lui vaut tant d’honneurs, tant de citations, tant de reconnaissance aujourd’hui ? Où en serait le PS en 2012 avec des gens faits de ce bois-là ?

François Hollande n’a pas intérêt à remettre trop en lumière ce personnage en particulier (que je trouve peu sympathique, vous l’avez compris ! mais on ne peut pas aimer tout le monde !) comme il n’a pas intérêt non plus à « oublier » systématiquement celle qui avait réuni 26% des voix au premier tour et 47% au deuxième …
 

Seulement François Hollande est un sage , un consensuel, je n’ai donc pas trop de crainte …

Aux dernières nouvelles, la bévue ? est réparée … On tentera de l’oublier  …

La loi contre le négationisme arménien ? Une faute politique selon Edwy Plenel!!(1)

 (larevuedesressources.org)

Je vous engage à lire cette réflexion très intéressante ( en deux parties) d’Edwy Plenel au sujet de cette loi votée en France par l’UMP et le PS d’ailleurs, contre le négationisme arménien … Il y a des questions à se poser …

Imposé à une droite et à une gauche réticentes par Nicolas Sarkozy et par François Hollande, le vote par le Parlement français (1) d’une loi pénalisant la négation du génocide arménien – précisément : un an de prison et 45.000 euros d’amende en cas de contestation ou de minimisation de façon outrancière d’un génocide reconnu par la loi française – est une faute politique.

« Nos compatriotes ont commis des crimes inouïs, eu recours à toutes les formes concevables de despotisme, organisé la déportation et le massacre, brûlé vifs des nourrissons arrosés de pétrole, violé des femmes et des jeunes filles… Ils ont mis les Arméniens dans des conditions insupportables comme aucun peuple n’en a connu dans toute l’histoire. » Attestant du génocide dont furent victimes, entre 1915 et 1917, les deux tiers de la communauté arménienne cette déposition fut faite en 1919 devant un tribunal turc.

« Le grand crime », comme l’appela dès 1921 l’une des grandes figures intellectuelles du monde arménien, Aram Andonian (1876-1951), ce premier génocide au cœur de notre modernité, fut donc d’abord attesté là même où il avait été commis. Il y eut d’ailleurs, dans un premier temps, des condamnations à mort par contumace de certains de ses auteurs, devant le tribunal militaire de Constantinople. Mais, d’emblée, le discours turc de dénégation s’est parallèlement construit et affirmé dans un récit légendaire destiné à légitimer l’Etat moderne, laïque, unitaire et centralisé.

 Pierre Vidal-Naquet conclut dans le dernier tome de son recueil Les Juifs, la Mémoire et le Présent, par une « réflexion pour aujourd’hui » autour de ces « assassins de la mémoire », les négationnistes du génocide « Devons-nous les persécuter au nom de la vérité ? »

« Je ne le crois pas, en dépit des législations qui ont été adoptées contre eux en Allemagne et en France. La persécution, et même, tout ce qui ressemble à de la persécution, engendre les martyrs, et nous n’avons pas le moindre intérêt à faire de ces gens des martyrs. Je ne suis nullement contre les poursuites pour diffamation quand il s’agit de mensonges dirigés contre les personnes ou les institutions, mais je suis résolument hostile à l’idée d’imposer la vérité historique par la loi. »

« Si l’histoire du communisme et de la Vérité d’Etat ou de parti a quelque chose à nous enseigner, insistait Pierre Vidal-Naquet, c’est qu’aucune vérité historique ne peut reposer sur l’appareil d’Etat – cet Etat fût-il libéral – pour être considérée comme la Vérité. Si la vérité n’a aucun besoin de la police ou des tribunaux, elle a assurément besoin des historiens. »

 La vérité sur le passé est un combat qu’il faut mener avec les armes de l’historien, par la rigueur factuelle, par le doute méthodique et par la démonstration intellectuelle. Oui, un combat, et non un débat, PierreVidal-Naquet ayant toujours refusé de débattre avec les négationnistes pour la bonne raison qu’avec ces derniers n’existe pas ce « terrain commun, un commun respect de la vérité », que suppose « un dialogue entre deux hommes, fussent-ils adversaires ».

Dans le cas du génocide arménien, ce redoutable changement de registre,  se double d’un dangereux déplacement géopolitique, dont la juste cause arménienne est le prétexte, instrumentalisée pour une mauvaise cause. Car il n’aura échappé à personne que l’esclavage des Noirs et le génocide des Juifs concernent directement notre histoire nationale. En revanche, le massacre des Arméniens fut commis par un Etat étranger, la Turquie.

Que nous, Français, nous soyons concernés par le génocide arménien, c’est une évidence qu’il n’est jamais inutile de rappeler : tout simplement par refus d’ajouter l’oubli et l’indifférence à ce crime contre l’humanité. Mais ce constat de bonne humanité, comme l’on dirait de bon sens, nous autorise-t-il à faire la leçon à d’autres peuples et nations sur leur propre histoire ? A légiférer à leur place, à sanctionner en leur nom ?

Apparemment symbolique, ce vote n’en est pas moins sans précédent diplomatiquement, et ses conséquences sont imprévisibles.Comment ne pas souligner que ce zèle inédit des parlementaires français concerne, à l’heure des révolutions arabes et de leurs enjeux décisifs, un pays à la fois musulman et laïque dont le parti conservateur au pouvoir est un modèle pour les nouvelles forces se réclamant d’un islam politique sécularisé ?

Robert Badinter a essayé en vain d’enrayer cet emballement où la France seule se fait soudain juge de l’histoire d’un autre peuple.« Le Parlement français, écrivait-il le 14 janvier dans Le Monde, peut-il se constituer en tribunal de l’histoire mondiale et proclamer la commission d’un crime de génocide par les autorités de l’empire ottoman il y a un siècle de cela, sans qu’aucun Français n’y ait été partie soit comme victime soit comme bourreau ? Le Parlement français n’a pas reçu de la Constitution compétence pour dire l’histoire. C’est aux historiens et à eux seuls qu’il appartient de le faire. »

Selon Badinter, cette loi est également une machine infernale sur le terrain des relations internationales. Après avoir subi la rebuffade d’être repoussée d’une Union européenne qu’elle souhaitait rejoindre, dans un processus sur lequel pariaient les démocrates les plus exigeants de sa scène politique nationale, la puissance régionale émergente qu’est la Turquie est soudainement humiliée par une petite France dressée sur ses ergots.

Cette faute politique est aussi, pour son impact extérieur, un cadeau irresponsable fait au pire nationalisme turc. Loin d’apaiser, elle exacerbe. Loin d’ouvrir, elle ferme. Loin de relier, elle divise.

  extrait de Médiapart (un article d’Edwy Plenel le 24/01/12)

(1) http://www.senat.fr/scrutin-public/2011/scr2011-93.html

En rire … ou pas …??

http://nicolascadene.net/?p=1607

Hervé Morin, l’homme qui vieillit plus vite que son ombre

 Je voulais parler d’ Hervé Morin. Qui est-ce ? Mais oui, vous savez, ce candidat sang-triste à la prési-danse de l’arrêt public. Non, mon clavier ne s’emmêle pas. J’essaie d’être à sa hauteur. Parce que, bien que très inconnu, Hervé Morin est quelqu’un d’hallucinant. Il réalise des choses qu’un humain normal ne peut accomplir. Il défie le Temps. Il mérite donc amplement d’être calife à la place du calife.

Ce qu’il fait ? Il vieillit plus vite que son ombre. Enfin que lui-même, quoi. Oui, absolument. Et je peux le prouver. La vidéo ci-dessous le montre en meeting à Nice. A Nice il y a beaucoup de retraités. Il s’adresse donc aux personnes à cheveux blancs, qui ont pour certains vu le débarquement de Provence. C’était en 1944. Ça ne nous rajeunit pas. Lui non plus. Car dans la foulée il ajoute à peu près ceci : « Ou ceux qui comme moi ont vu le débarquement de Normandie ». C’était aussi en 1944. Fantastique, non ?

Oui. Ceux qui y étaient. Hervé Morin, lui, est né en 1961, le 17 août. A Pont-Audemer dans l’Eure. S’est-il trompé d’heure ? A-t-il bu trop d’eau de mer ce soir-là ? A tout le moins il lui était difficile d’être sur place. Il n’était même pas encore spermatozoïde. Où mène la pêche aux voix : à se surpasser.


 


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/herve-morin-l-homme-qui-vieillit-108686 (extrait)

Question au sujet du « champion » ….

(coup-de-vieux.fr)

«Sarkozy peut-il être réélu ?»

Gérard Grunberg, directeur de recherche au CNRS, détaillait les trois «handicaps» du Président : «l’exercice du pouvoir en temps de crise économique», «la déception des électeurs» par rapport aux «réels espoirs» suscités (notamment en matière de pouvoir d’achat et d’emploi), et sa «personne même» (il «n’a pas incarné la présidence de la République de la manière que souhaitaient les Français»). A cela s’ajoute, selon lui, l’«isolement dangereux de son parti», qui ne pourra pas compter sur des reports de voix massifs du MoDem et surtout du FN.

Si le chef de l’Etat aura du mal à l’emporter, c’est aussi parce qu’il ne reste plus grand-chose des trois ingrédients de sa victoire de 2007. Son équipe, d’abord.  Nicolas Sarkozy a perdu une partie de son cabinet de 2007 et notamment sa «boîte à idées», Emmanuelle Mignon. Parmi les cinq Sarkoboys historiques, seul Louvrier est encore au cœur du dispositif. Lefebvre est devenu secrétaire d’Etat, Solly est parti à TF1, Charon a été écarté. Même Brice Hortefeux, l’ami de 34 ans, a rejoint la longue cohorte des sarkozystes qui ont dû quitter le gouvernement. 

Et puis il y a ces fidèles négligés, écartés,  Rama Yade, Rachida Dati, Jean-Louis Borloo, Patrick Devedjian. Quant aux quadras de l’UMP, les François Baroin, Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, ils misent surtout sur 2017.

La bataille des idées ensuite. Entre 2004 et 2007, Nicolas Sarkozy avait mis sur pied une véritable fabrique à idées pour bâtir son «projet pour la France d’après», sous la houlette de la directrice des études de l’UMP, Emmanuelle Mignon. 
Au sommet de la pyramide, une quinzaine de ses proches synthétisaient les 200 propositions en 30 mesures phare. Le tout piloté par François Fillon. Cinq ans après, la besace à idées est vide . Aucun thème de campagne n’a émergé.

Le grand parti unique, enfin. L’ancien patron de l’UMP avait construit la «machine à gagner» dont rêvait la droite. En 2012, le mouvement est en miettes, malgré les tentatives pour contenir à l’intérieur les différentes chapelles. Le bulldozer UMP est sclérosé, les fédérations endormies et le nombre de militants a fondu.

A ce versant politique s’ajoute un versant judiciaire. Le chef de l’Etat est cerné par l’affaire Karachi/Takieddine et plusieurs de ses proches font face à des démêlés avec la justice.

Il reste 90 jours à Nicolas Sarkozy pour lancer une dynamique victorieuse.

Le chef de l’Etat lui-même le reconnaissait, le 27 octobre, lors de son intervention télévisée : «Tous les candidats du système, y compris lorsque je les ai soutenus, ont été battus. Tous.»

(vu sur Médiapart le 23/01/2012)

Impasse Ségolène ?? Non !! Incontournable Ségolène !!!

S’il y a bien quelqu’un à qui j’ai envie de dire merci aujourd’hui, c’est à François Hollande ou bien encore à ce bon vieux PS …

On entend partout que Ségolène a été oubliée, zappée ! Alors que moi, j’ai exactement le sentiment inverse … Inoubliable, inzappable, Ségolène !

D’ailleurs, ce meeting m’a montré avec la force de l’évidence que le PS s’est imprégné (malgré lui) des idées de Ségolène … elle était dans les idées, dans les mots, dans la forme et dans le fond de ce discours !!

Lionel Jospin, à côté ne pèse  rien ! à part peut-être le monumental échec de 2002 et le largage peu élégant de tous ceux qui le suivaient avec confiance  …

Depuis 2007 le PS a changé … il y a eu le PS avant Ségolène et il y a le PS après Ségolène … il y a aussi tous ceux qui ont appris à aimer la politique avec Ségolène … 

Alors oui, François Hollande peut être reconnaissant envers celle qui lui a préparé le terrain en 2007, oui, il montera peut-être sur la plus haute marche en mai 2012, mais ce sera pour mieux faire triompher les idées de Ségolène …

Et n’en déplaise aux éléphants du PS qui minaudent et regardent ailleurs quand on leur parle de la candidate de 2007, c’est elle qui les a soudés autour de François Hollande, par sa défaite qu’ils avaient fomentée et qui nous a couté si cher, par son courage, son exemple, sa loyauté, par ses idées innovantes et frappées du bon sens …

A l’égal de N Sarkozy, elle est la marque (positive, elle!) de ces années-là … Dans ce monde qui marche sur la tête, elle est le repère, la boussole … de ça, elle peut vraiment être fière,  je l’ai compris dimanche, pendant ce meeting au Bourget, et en regardant tous ces visages du premier rang,  je vous parie bien que je ne suis pas la seule !!!

Nous n’avons pas fini d’entendre parler d’elle …

(blogs.mediapart.fr)

J’ai regardé le meeting de François Hollande chez moi.

Ca donne toujours un avantage sur ceux qui y sont.

Lorsqu’un meeting se passe bien, c’est-à-dire lorsque celui ou celle que l’on est venu écouter s’en tire bien il y a de la ferveur, de l’émotion et du bruit, beaucoup de bruit.

Ce qui fait que souvent certains détails vous échappent.

Moi ce qui ne m’a pas échappé devant mes écrans, ce sont les efforts de l’équipe de Hollande pour effacer le plus possible le souvenir de la campagne de 2007 et donc de Ségolène Royal.

Mais oui, je sais bande de cons, pour vous 2007 est un échec donc il est normal que l’on efface.

Seulement voilà, Jospin lui y était très présent et dans le film présenté avant et même dans le discours du candidat.

Mais oui, je sais bande de cons, pour vous Jospin est une référence dans le PS alors que Ségolène hein, juste un accident.

Seulement voilà, dans le discours de Hollande (qui a tant surpris les commentateurs) ce n’est pas du Jospin qu’il a retenu mais du Royal.

La charge contre la finance ce n’est pas le candidat de 2002, éjecté dés le premier tour, qui l’a popularisée au sein du PS (tout comme la Marseillaise et la sécurité) mais Ségolène Royal.

Enfin, puisqu’au PS on aime tant son histoire et ses héros, qu’il n’y a pas un rassemblement de socialistes sans que l’on n’y revoit quelques images d’archives, il serait peut être malin, pour ne pas dire intelligent, d’y incorporer quelques images de la première femme politique Française présente dans un second tour d’une présidentielle.

Et en plus c’est une socialiste, ça garnira un peu plus le panthéon du PS qui pour l’instant encore n’a qu’un seul président à se mettre sous la dent.

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-marie-padovani/230112/cest-peut-etre-un-detail-pour-vous

(huffingtonpost.fr)

Seul bémol à ce rendez-vous historique : l’impasse Ségolène.

Le candidat socialiste, alors qu’il a cité Lionel Jospin, Martine Aubry, et même Jean-Michel Baylet, n’a pas eu un mot pour celle qui l’a précédé en 2007. Etrange silence. Ainsi donc, la duchesse du Poitou ne méritait aucun éloge pour son parcours ? L’ex-compagne qui a rallié Hollande avec une rare classe dès les jours qui ont suivi sa victoire à la primaire socialiste n’a donc pas existé politiquement ?

Dur à encaisser pour celle qui a rallié tout de même près de 48% des voix au second tour de 2007. A sa manière, certes atypique, elle a contribué à l’histoire de la Gauche. Ses idées de démocratie participative qui ont tant fait ricaner les caciques de la rue de Solférino ont fini par entrer dans les mœurs. Son approche de la politique écologique a été prise en compte par François Hollande lui-même. Sa manière de s’en prendre à la finance internationale, aux spéculateurs, à ceux qui gagnent de l’argent en dormant, n’a pas été totalement étrangère au discours résolument à gauche de son ancien compagnon.

Et pourtant, dans le petit film de présentation de Hollande, en début de meeting, pas une image de Ségolène. Certes, nous ne sommes pas à l’époque stalinienne où l’on effaçait sur les photos les disgraciés, ceux que le maître du Kremlin avait fait éliminer. Mais, au Bourget, il y a eu ce petit malaise, cette imperceptible gêne…

Avec cette question : pourquoi ? Pourquoi François Hollande a-t-il délibérément zappé l’image de la mère de ses enfants ? Pour des raisons politiques ? Ou, pire, pour des raisons privées ? Dans les deux cas de figure, cette omission aurait pu être évitée. Le grand rassemblement dont parle avec ferveur le nouveau champion de la Gauche passe aussi par celle qui a incarné, aux yeux de nombreux Français, une nouvelle manière de faire de la politique.

Pour ceux qui en doutent, Ségolène Royal ne sera pas gommée du paysage facilement.

Au Bourget, les caméras se sont ruées vers elle et ne l’ont plus quittée jusqu’à l’arrivée sur la scène de Yannick Noah. Le signe qu’elle continue de passionner les média. Elle reste une star, quoi qu’on pense de ses débordements. Il ne faudra pas l’oublier.

extrait :

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-coup-de-sang-de-serge-raffy/20120123.OBS9518/hollande-et-l-impasse-segolene.html

 

Très applaudie par le public lors du meeting du Bourget de son ancien compagnon, Ségolène Royal s’estime néanmoins « zappée » par le Parti socialiste et l’équipe de campagne de François Hollande. De fait, presque aucune référence n’a été faite à sa campagne de 2007 qui l’avait portée au second tour de l’élection présidentielle, alors qu’un large hommage a été rendu à tous les précédents candidats, premiers ministres et figures de la gauche socialiste.

Peut-être plus douloureux encore, Ségolène Royal, par ailleurs mère des quatre enfants du député de Corrèze, n’apparaît qu’à peine dans la courte vidéo retraçant la vie de François Hollande diffusée juste avant son discours du Bourget. La nouvelle compagne du candidat, Valérie Trierweiler était, elle, clairement mise en avant.

« Peut-être que si la dynamique est là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu des étapes précédentes, notamment qui ont reposé un certain nombre de principes comme la reconquête du drapeau français, la nation, la sécurité. » « Toutes ces questions-là, il ne faut pas les zapper. Il ne faut effacer personne de l’histoire parce que c’est une histoire collective« , a renchéri celle qui avait fait campagne sur « l’Ordre juste ».

Après une campagne difficile en 2007, au cours de laquelle le parti s’est profondément divisé, la doctrine socialiste a en effet beaucoup évolué, notamment sur les questions de sécurité. De nombreux observateurs ont relevé la présence de plusieurs drapeaux français et le chant de la Marseillaise à la fin du meeting du Bourget.

extrait:
 http://www.huffingtonpost.fr/2012/01/23/bourget-segolene-royal_n_1222803.html